Quitte à brûler de l’argent, autant que cela serve. Si j’ai toujours eu du mal avec le Bitcoin, le mécanisme de blockchain sur lequel il repose se montre fiable depuis plus de 17 ans. Le nombre d’acteurs engagés dans ce système est suffisant pour assurer sa fiabilité. Tout cela a permis la création de confiance.
Les blockchains ne sont pas là uniquement pour stocker des transactions (et donc établir des portefeuilles virtuels) ou vendre des cartes Panini à des adulescents naïfs. L’une des meilleures applications de ces technologies est ce qu’on appelle les smarts contracts, ou contrats intelligents.
L’idée de base est de permettre l’exécution d’un acte sans intervention humaine tout en assurant sa validité. Dit autrement, la technologie souhaite remplacer les juges, les avocats, les notaires, … Basta des professionnels de justice, le réseau se charge de tout en toute transparence.
Le billet de d’avion
Prenons un exemple concret. Vous avez pris en billet d’avion. Le vol n’a pas respecté le règlement de l’UE et a accusé un retard de plus de 3 heures. Comment obtenir une indemnisation ? Vous avez peut être une aide juridique mais cela demandera des démarches et de nombreux échanges.
Alors que si votre billet de vol avait été validé dans une blockchain et associée à un smart contract, sans intervention humaine, le retard aurait été automatiquement indemnisé. Un assureur aurait sûrement pris sa commission mais eux gagnent même dans le circuit classique.
Mais comment ce prodige de technologie fonctionne ?
Le smart contract est un élément de votre transaction dans la blockchain. Il s’agit d’un programme qui s’exécute sous condition. Dans notre exemple, lorsqu’il est sollicité, si les conditions sont remplies, il réalise des actions comme appliquer un remboursement, prévenir un client, …
Ce programme est réputé fiable puisque stocké dans un mécanisme fiable, sécurisé et non modifiable. Les ordinateurs qui valident les transactions peuvent aussi exécuter ces programmes. Pour cela, ils utilisent des mécanismes de bytecode et de virtual machine. Il faudra un jour que je vous parle du langage java.
Le smart contract est déclenché par un service tiers reconnu nommé Oracle. Dans notre cas, un service qui va lire les heures de d’arrivée des avions. Afin de limiter le temps d’exécution de ces programmes et de payer le réseau qui héberge ces services, l’énergie (nommée Gas) utilisée à l’exécution est facturée.
Dans la vie réelle
Il y a 10 ans, le service était présenté comme l’avenir des relations commerciales. L’absence d’intervenants humains limitaient le risque de fraude. La fiabilité et la décentralisation des blockchains en assuraient les exécutions. L’avenir nous disaient-on ?
L’idée est bonne et en créant un nouvel usage, elle fiabilise les mécanismes sous jacents que sont les cryptomonnaies. Mais son approche juridique et informatique rend sa compréhension difficile pour la majorité des utilisateurs.
La technologie fait son chemin. Je ne serais pas surpris si un jour j’apprenais que désormais les contrats avec les assureurs ou un simple achat dans une boutique était régi par un smart contract.
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PS : depuis un mois et demi, les cryptomonnaies s’effondrent. A croire que c’est passé de mode. Les applications plus sérieuses vont peut être enfin se mettre en place.
