Depuis 2001, Windows XP et l’ADSL se sont imposés dans les foyers. Les utilisateurs prennent goût au haut débit. Côté téléphonie, cela ne décolle pas. Les dernières normes 2G permettent bien d’envoyer des photos par MMS à ses interlocuteurs, mais cela reste lent, cher et d’une qualité médiocre.
Seuls quelques geeks et des chefs d’entreprises au sommet de leur gloire s’intéressent aux usages portables de l’Internet. Pour les autres, le téléphone permet d’appeler son interlocuteur ou de lui envoyer un message. Se connecter à Internet n’a pas de sens tant l’écran est petit et le débit est lent.
C’est à ce problème que se propose de répondre la nouvelle génération de téléphonie mobile. En France, la 3G est lancée par SFR en novembre 2004. La concurrence suit de prêt. La promesse est belle, des débits jusqu’à 2 Mbits/s sur la première version nommée techniquement UMTS.
La réalité est différente. Pour obtenir pareil débit, il faut être à proximité de l’antenne du fournisseur de service, que les autres utilisateurs soient peu nombreux et en usage vocal uniquement. Alors sur la publicité, les chiffres claquent. 3G > 2G, et un Internet ultra-rapide vous attend.
Le problème est toujours le même. Une nouvelle technologie implique de déployer des antennes et l’électronique nécessaire partout en France. Et le réseau de l’opérateur doit être revu en profondeur pour encaisser les usages. Ce dernier point était résolu avec le déploiement de l’ADSL.
La 3G est pour les citadins. À la campagne, à plusieurs kilomètres d’une antenne, le débit tombe à 144 Kbits/s. N’espérez pas passer des appels en visio comme dans les publicités. Plus un utilisateur est distant et plus l’encodage utilisé doit être résilient pour permettre de retrouver le message binaire transmis.
Parlons de l’encodage. En 2G, chaque téléphone parlait à tour de rôle à l’antenne. Ici, tout le monde parle en même temps suivant des canaux affectés à chaque terminal. Pour discuter, l’antenne affecte un canal au terminal. Pour télécharger une vidéo, l’antenne affecte plusieurs canaux.
Tous les canaux sont fusionnés avant de sortir de l’antenne. La porteuse est de 2,1 GHz et varie suivant un canal fusionné de 5 MHz. Le signal W-CDMA (Wideband Code Division Multiple Access ou multiplexage par code à large bande). Chaque téléphone récupère les canaux affectés.
Par sécurité, les messages qui circulent sur les canaux sont cryptés pour éviter qu’un espion ne récupère tous les messages échangés. Les canaux sont affectés suivant les besoins, en espérant que tout le monde ne regarde pas de vidéos en même temps. Et c’est l’une des faiblesses de la 3G.
Les versions suivantes de la 3G vont augmenter le débit. La HSPA+, ou 3G++, offrira une bande passante jusqu’à 42 Mbits/s. Cela fait 10 vidéos en qualité HD ou des centaines d’utilisateurs qui surfent sur Internet en même temps sur une antenne. Mais la technologie souffre d’une faiblesse, sa latence.
Passé ce défaut, la 3G va permettre l’accès aux services Internet depuis un téléphone portable. Le premier iPhone n’était pas 3G mais son écran a changé la vision des services numériques. Alors avec la 3G, c’est un nouveau monde qui s’ouvrait aux utilisateurs : google, facebook, messageries, …
Derrière un défi technique qui a nécessité ingénieurs, mathématiciens et informaticiens, c’est un nouvel usage qui atteignait le grand public. Tout le monde n’a pas d’ordinateur chez lui. Mais rapidement, tout le monde a eu un téléphone portable … et avec la 3G pouvait accéder aux services en ligne.
Une révolution silencieuse ..
