Le geek solaire

Il faut croire que les affaires marchent bien pour Darky. L’IA est à la mode et notre héros a pu quitter le domicile parental pour s’établir dans un appartement situé face aux quais. Le troisième et dernier étage d’un immeuble ancien propose une vue imprenable sur le fleuve avec une terrasse ensoleillée.

Ce n’est certes pas l’espace préféré du maître des lieux mais le reste de l’appartement lui convenait. Des murs épais, peu d’ouvertures, le lieu garde la fraîcheur en été. L’humidité ne présente pas un problème puisque les nombreux ordinateurs et racks de Darky réchauffent et assèchent la pièce. 

L’agriculteur virtuel est donc satisfait de son dernier investissement. Ses parents aussi. Même si maman a un peu pleuré au départ de son dernier enfant, elle sait qu’en 30 minutes dont 20 de tram, elle peut venir préparer le repas de son fils préféré.   

Ayant troqué une cave pour un grenier, Darky découvre les vertus positives de l’air frais. Et la position dominante lui permet d’envisager sa passion avec un peu plus de recul. Son activité est énergivore. S’il pouvait rentabiliser sa terrasse et son toit pour produire de l’énergie, ce ne serait que mieux. 

Les sites qui permettent de réaliser ce type de projet ne manquent pas. Ils sont souvent financés par des entreprises commerciales. Au temps des chercheurs d’or, seuls les vendeurs de pelles faisaient fortune. Notre héros préfère s’informer sur des sites publics pour se faire une idée du domaine.

Darky en ressort 3 sujets à examiner avant toute réalisation. L’équipement, la connexion au réseau et les réglementations locales. Il lui faut passer en mode projet pour s’assurer qu’aucun élément ne lui échappe.

Quels équipements ?

Le premier équipement pour récupérer l’énergie solaire est le panneau. De l’emplacement où il sera posé dépendra son emplacement. Sur un toit, il est difficile de choisir l’orientation. Il serait plus facile de le poser sur la terrasse et de l’orienter de manière optimale, mais cela fait perdre de l’espace. 

Aux panneaux, supports et câbles, il faut ajouter des onduleurs. Le panneau produit un courant continu. Les appareils électriques domestiques attendent un courant alternatif dont la tension est de 220 volts. L’onduleur réalise l’opération. Ils sont parfois intégrés directement aux panneaux. 

Dernier sujet, le stockage. Comme dit le proverbe, la nuit, pas d’énergie. Or c’est à ce moment qu’on utilise le plus d’électricité. La batterie est donc l’équipement ultime d’une bonne installation. 

La connexion au réseau

Une autre option est de revendre son énergie au fournisseur d’électricité. Sur le papier, cela semble être une bonne option. Le delta entre prix d’achat d’un kiloWattheure et son prix de vente ferait presque passer les vendeurs de Micromania pour des bienfaiteurs. 

Et le raccordement au réseau implique des contraintes administratives et techniques importantes. En clair, il faut passer par un expert. Notre entrepreneur n’y voit pas d’opportunité. Ses installations consomment en continu. Les situations où il sera excédentaire seront faibles et peuvent être stockées dans une batterie. 

Les déclarations d’avant travaux

Même si Darky est propriétaire, tout n’est pas permis. En réalité, il est copropriétaire. Son appartement est l’un des quatre lots de l’immeuble. Il doit donc trouver un arrangement avec les autres copropriétaires avant d’engager les travaux. L’exploitation de la partie commune devra se faire par un retour financier ou en nature.

Rien de malsain. Il devra payer un loyer aux autres propriétaires. Rien n’interdit un arrangement avec une répartition différente des travaux d’entretiens du toit ou en partageant une partie de l’énergie produite pour simplifier la gestion financière. 

L’autre acteur ne sera pas aussi tendre. La mairie a aussi son mot à dire dès que cela change l’apparence d’un bâtiment, même vu du ciel. Darky doit donc remplir une déclaration préalable de travaux avec une description précise du projet. 

Cette dernière peut être examinée par l’architecte des bâtiments de France. Il faudra alors revoir le projet pour correspondre aux désidératas de l’expert. Il existe des panneaux solaires couleur tuile. Moins efficaces et plus chers, ils satisferont bien les pontes de l’architecture.

Que de complications pour que lors des chaudes journées d’été, sa climatisation tourne sans emprunter un centime d’énergie à EDF. Voici tout le paradoxe du geek. Attendre le soleil pour pouvoir se mettre au frais. 

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