Toutes les musiques du monde

Il était un temps où les pirates sillonnaient Internet, diffusant à qui le demandait les dernières musiques populaires. Sous le format mp3 que les pirates capturaient à partir du moindre compact disc (CD) audio vendu dans le commerce, il extrayait la musique avant de la mettre en ligne sur des sites suspects. 

Étrange acte de piraterie qui consiste à donner plutôt qu’à prendre.  Les ayants droits ne le voient pas de cet œil. Le droit d’auteur est la chasse gardée des maisons de disques. Il faut dire que les artistes font leur richesse. Et leurs avocats sont là pour défendre contre les larcins des pirates numériques.

Pirater un morceau revient à priver son propriétaire de revenus. Le temps consacré à composer, la prise de risque dans une vie d’artiste, n’est plus récompensé. En France, la Sacem veille donc à ce que les artistes soient rémunérés pour leur travail. Auteurs, compositeurs et producteurs se partagent l’utilisation d’une œuvre.

Je vous laisse parcourir le site de la Sacem pour comprendre tous les aspects de droit d’auteur. Je préfère cet excellent article qui résume la problématique. Penser que les pirates ont fait du tort aux artistes est une sottise. Bien au contraire, ils ont été le moteur d’une révolution. 

Avant, pour devenir célèbre, il fallait être promu par une maison de disques. Cela donnait accès aux radios et aux télévisions sans lesquelles les nouveaux artistes ne pouvaient être connus. Le piratage a donc servi de plateforme pour les jeunes artistes en leur permettant de s’affranchir des circuits officiels de distributions. 

Les grands groupes ne se sont pas laissés faire en sortant le sacro-saint ‘droit d’auteur” devant la moindre chanson qui peut rappeler de près ou de loin un ancien succès de leurs catalogues. La notion de plagiat est floue et je vous renvoie vers cet autre article. Seuls les avocats en sortent gagnants.

Le vrai terrain d’action de la Sacem et des maisons de disques est la reproduction d’une œuvre. Coiffeurs, boutiquiers, patrons de bistrots… veuillez vous déclarer si la radio tourne en fond sonore. Pianistes amateurs, avez-vous fait votre déclaration avant d’aligner des accords populaires sur un piano en libre service ? 

Sur Youtube aussi, les représentants des ayants droits veillent. La moindre utilisation d’une musique dans une vidéo peut faire perdre la monétisation. Le coût est rude pour les vidéastes amateurs qui voient fondre leur rémunération pour un fond musical mal maîtrisé. Absurde ? Non mais exagéré. 

La seule parade à cela est venue de la musique ‘libre de droit’. Il s’agit de morceaux dont les auteurs ont renoncé volontairement à toute rémunération. Avec ces morceaux, on peut créer un fond sonore agréable sans spolier personne. 

La musique évolue avec son temps. Les créateurs s’inspirent de leurs prédécesseurs tout en se basant sur des théories qui n’ont pas changé depuis des siècles. Et les récents outils que sont les intelligences artificielles apportent une pierre supplémentaire à l’édifice. 

À partir des codes ancestraux de la musique, l’IA peut définir l’ensemble des mélodies écoutables. Combiner notes, rythmes, instruments, … l’outil peut parcourir l’ensemble des possibilités Qui peut dire alors qu’il est le créateur d’un morceau populaire ? La musique ne se crée plus, elle se découvre.   

Les musiciens seront toujours présents dans les fêtes, les festivals, … Leurs choix et leurs interprétations sont indispensables. Pour les producteurs dont le seul talent est d’exploiter celui des autres jusqu’à la corde, leur influence se retrouve contrebalancée par cette nouvelle organisation. L’IA musicale libère les artistes de ces intermédiaires. 

Dans un baroud d’honneur, les majors attaquent les IA sur les bases de données utilisées pour créer ces nouveaux outils. Bon courage pour expliquer aux juges que le génie musical se crée ex nihilo. 

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