Le besoin, le cas Facebook

Le besoin, le cas Facebook

Tout le monde connaît Facebook, un monstre tentaculaire qui sait tout sur nous. Et pourtant peu se demandent comment se monstre a émergé. Certains ont vu ‘The Social Network’ qui raconte la création de cette application aujourd’hui incontournable, et c’est justement ses origines qui permet de comprendre que le monstre n’en est pas un. C’est même une application relativement simple.

Facebook est l’unification de deux besoins très simples :

  • Se décrire au près des autres,
  • Se réunir et discuter sur des sujets communs.

Alors les sites persos où on se présente sous son meilleur jour et les forums de discussions, cela existait depuis longtemps. Et c’était bien plus élaboré. Sauf que ces deux besoins nécessitaient de savoir coder en html et javascript pour faire une belle page de présentation et de savoir gérer des threads de discussions (après avoir passé des heures à configurer les serveurs Apache/PHP/Mysql et invité les participants) pour le second.

Le coup de génie de Facebook est donc double, il permet à quelqu’un qui n’y connaît rien en informatique d’avoir un espace personnel et de partager avec ses amis ses réflexions (ou plutôt ses soirées).

Il existe un troisième besoin que l’on ne veut pas reconnaître. Au début du film ‘The social Network’ Mark Zuckerberg (on l’appellera Zuckie) est un jeune étudiant qui, suite à une déception amoureuse et un peu trop d’alcool, réfléchit à comment devenir populaire. C’est un geek, non pire un nerd, et ses potes le lancent sur le fait qu’il y a plein d’étudiantes dans la modeste université de Harvard, et que ce serait cool de savoir laquelle est la plus mignonne.

Zuckie, bon copain, leur avait montré qu’il savait accéder au trombinoscope de l’université avec les photos de toutes les étudiantes. Pour info, en anglais, ‘facebook’ signifie trombinoscope. Heureusement qu’ils n’ont pas traduit le nom du site en France, sinon cela n’aurait pas eu autant de succès.

Mais comment savoir laquelle de ces charmantes demoiselles est la plus mignonne. Les amis de Zuckie n’ayant pas les qualifications d’un comité Miss France chacun à son avis sur la question. Ce sera donc la majorité des votes qui l’emportera. Ainsi naquit l’application Facemash.

Zuckie est un très bon développeur et il sait aussi recycler ce qui existe déjà. Avant Facemash, il existait un site nommé ‘Hot Or Not’ dont le principe était de noter les gens (surtout les femmes) sur leur apparence. Ce site a eu un petit succès dans les facs françaises sous le nom de ‘Canon ou Cageot’. Amis de la poésie, Bonsoir !

À l’origine Facebook était donc pour les étudiants de Harvard :

  • Un moyen de se présenter,
  • Un moyen de discuter,
  • Un moyen de draguer.

Simple et populaire, cet outil a fait le tour du monde. Chacun avait son ‘mur’ et pouvait réagir sur le ‘mur’ des autres qui le reconnaissait comme ‘ami’ (ou plutôt ‘connaissances’). Par la suite, Facebook a su évoluer et répondre à toujours plus de besoins.

Pendant ce temps en France, nos chers directeurs de formation nous rappelaient :

  • ce que coûte l’accès et le maintien illégal dans un système d’information (2 ans de prisons et 30 000 € d’amendes si on n’a rien cassé),
  • que nos échanges puérils pouvaient mettre en péril le sérieux de la formation,
  • et que nous devions passer par les canaux officiels si nous voulions échanger avec le secrétariat et nos chers responsables.

Le patriarcat dans toute sa splendeur. Harvard a peu de soucis à se faire sur la concurrence française. Même aujourd’hui alors que les Etats-Unis encouragent les entrepreneurs à essayer quitte à échouer, en France nous avons encore des gens qui freinent de toutes leurs forces de peur de voir leurs privilèges remis en cause par ceux qui rêvent et évoluent.

Je reviendrai dans un prochain article sur le fonctionnement d’un réseau social. Les besoins sont simples et les technologies employées le sont tout autant.

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