ESN – Comment bien vendre ses collaborateurs …

ESN – Comment bien vendre ses collaborateurs …

Lorsqu’on regarde les offres d’emploi en informatique, on est surpris par les intitulés de postes. On est souvent reconnu sous le terme d’informaticien. Il y a 20 ans, les noms des postes étaient relativement compréhensibles :

    • Celui qui analysait le besoin exprimé par l’utilisateur était l’analyste,
    • Celui qui écrivait le code était un développeur,
    • Leur supérieur direct qui supervisait un projet était le chef de projet,
    • Si la société produisait plusieurs projets, on ajoutait un chef de produit chargé de maintenir la cohérence dans les offres.

Et on retrouvait ensuite tous les postes nécessaire à la pérennité de toute société : secrétaire, commercial, comptable, chargé en communication, …

Tout ceci n’est pas très vendeur et ne permet pas de se distinguer dans le monde de l’informatique. Il faut être plus concret, plus précis dans le nom du poste. Ainsi, il faut distinguer le simple développeur qui a au mieux une licence en informatique de celui qui a fait 5 ans d’études. Pour cela, ajoutez le terme ingénieur dans le titre de l’emploi. On arrive alors au classique Ingénieur Informaticien.  

C’est un peu plus classe mais ce n’est pas assez pour se distinguer. Alors accolons maintenant le nom d’une technologie ou d’un produit.

En technologie, ce n’est pas le choix qui manque. Si on parle juste des langages, on peut en référencer des dizaines : c, c++, c#, java, cobol, html, php, … .

Si on parle de frameworks techniques, les années 2000 ont été prolifiques aussi. J’expliquerai plus tard comment apparaissent les frameworks mais l’idée c’est de multiplier les langages par un nombre de projets originaux lors des premières années du langage : pear, zend, symphony, laravel, … juste pour le langage php.

Si on parle des produits, Microsoft nous en fournit une bonne série : Windows, Office, Exchange, … . Et il est loin d’être le seul.

Avec de telles listes, tous les développeurs peuvent avoir un nom de poste différent et avoir presque la même activité. Des possibilités de renommage quasiment infinies … Et je me limite ici uniquement à l’activité de développement sans m’intéresser à l’activité de ‘production’ informatique.

En faisant une simple recherche sur les offres d’emploi dans les métiers de l’informatique, je suis tombé sur le poste demandé dans un article précédent pour une application mobile de la Caisse d’épargne : ‘Analyste programmeur informatique Solutions mobiles et embarquées’. Et qui propose cette offre d’emploi ? La Caisse d’Epargne ? Non, l’ESN qui a répondu à l’appel d’offre.

Imaginez Olivier en soirée répondre à la question ‘Et toi ? Tu fais quoi ?’ s’il avait travaillé sur ce projet. Essayez de répéter ce nom de poste sans vous tromper 😉

Mais les choses ne s’arrête pas là. Révolution internet et concurrence mondiale oblige, les noms des postes ce sont aussi anglicisés. Ainsi vous n’êtes plus responsable d’équipe mais Team Manager. Le terme Senior n’est plus à la mode il a été remplacé par le terme Lead (leader). C’est plus Rock’n Roll comme titre. Vous êtes responsable du développement d’un logiciel de suivi des commerciaux, vous êtes un Salesforce Architect. Aussi déclinable quasiment à l’infini.

Il devient alors assez simple de déterminer entre deux informaticiens celui qui travaille dans une ESN et celui qui travaille directement pour une société dont l’informatique n’est pas le métier. Le premier se présentera en tant que ‘Lead Developer Senior Front End’, le second en tant qu’informaticien. Ils réaliseront au final la même tâche, écrire des écrans pour des applications.

Suivant le titre, il est même possible de déterminer de quelle ESN il vient. Ainsi dans une très grande ESN suisse, tous les collaborateurs sont des consultants. Vous sortez de votre école et vous avez fait quelques projets en Java. Félicitations !!! Vous êtes Consultant Junior Java (CJJ). Pour l’expérience, on verra chez votre premier client.

Avant, nous étions tous informaticiens. De celui qui nettoie les souris à celui qui permet à un avion d’atterrir tout seul. Et nous devions faire comprendre à nos proches que même si nous pouvons réparer leur ordinateur, pour autant ce n’est pas ce que nous faisons tous les jours. Mais là, le rebranding est devenu ridicule.

Par curiosité, j’ai recherché des offres d’emplois dans le domaine de la construction. Je me demandé s’il avait été contaminé par cette mode. Pas d’anglicisme, pas de technologie particulière, certes le renommage est aussi passé par là mais il reste modéré et facilement compréhensible. Moi qui espérait trouver un ‘Lead DryWall BA13 Senior”.

 

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