Le complice involontaire

Le complice involontaire

Jeudi matin 6h30, commissariat de Dijon

Nous revoilà. 2 ans me semblait suffisant pour apprendre et ne pas renouveler les mêmes erreurs. J’avais bien profité de mes congés à Varennes-le-Grand pour étudier les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Sécurité, cryptage, dark web, … je comprends ces technologies qui ouvrent de nombreuses portes. 

J’étais bien préparé cette fois-ci. Et pourtant inspecteur, nous prenons à nouveau le café ensemble. Alors, où me suis-je planté cette fois-ci ? Mon nouveau complice avait de bonnes idées. ChatGPT qu’il s’appelle. Bien sûr, je ne lui ai pas fait confiance. Il est du style intello. Il sait tout et dès qu’on lui demande des choses illégales, il refuse de répondre.

Alors, j’ai dû ruser. Je ne le contactais jamais en direct. J’ai créé de nombreux comptes avec lesquels je lui demandais des conseils de bricolage. Je prenais soin de passer par un VPN ou même par TOR afin de ne pas corrompre mes comptes. J’ai même pensé à noter quel compte passe par quel pays en sortie de VPN.

Passé ces mesures de sécurité, monsieur Je-Sais-Tout est un excellent consultant. Il ne voulait pas me dire quel est le meilleur moyen de braquer une banque. Par contre, il s’y connaît en alarme. Je lui ai juste demandé comment sécuriser mon manoir. Et avec mes collègues nous avons étudié ses conseils. 

Avec cette nouvelle expérience, nous avons repris la technique habituelle : les villas cossues des personnalités de la région qui se vantent d’être à l’autre bout du monde. Mais cette fois-ci, hors de question d’emmener avec nous un téléphone intelligent. Gégé et Ralph m’ont assez taquiné là-dessus.

Alors oui inspecteur, j’ai du mal à vous comprendre comment vous avez pu nous cueillir à la sortie de notre travail. Je ne vois pas monsieur Je-Sais-Tout nous balancer. Je me doute bien que vous avez dû moderniser vos méthodes. En tout cas, le café est meilleur que la dernière fois. 

Centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, quelques semaines plus tard

Il n’y a pas à dire. Il n’y a pas meilleur endroit que chez soi. Je trouvais bizarre que l’inspecteur ne veuille pas me dire comment il m’a arrêté, mais les jeunes m’ont donné quelques pistes : le data mining. Mon profil est connu de tous les flics de France. Celui de mes victimes aussi. Ils ont prévu mon prochain geste. 

Il paraît que cela rappelle le scénario du film ‘Minority report’. Il me faudra le revoir pendant mon séjour. Il me faut aussi réfléchir à un changement d’orientation professionnelle. Cela devient compliqué de ne pas se faire pincer. Heureusement que les juges sont compréhensifs en ce moment.  

Depuis le temps que j’échange avec monsieur Je-Sais-Tout, il doit bien me connaître. Je vais lui demander quel serait le meilleur emploi pour un profil comme le mien. Avec son profil ‘grenouille de bénitier’, il devrait me trouver un emploi où je ne serai pas importuné par l’inspecteur. 

Non, je vais améliorer mes compétences en informatique. Les jeunes m’ont dit qu’en étant habile, il est possible de gagner beaucoup d’argent. Par contre, pas d’arnaque. Je ne veux pas finir en politique comme mon cousin avocat.

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