La technique du BigBang

Chères DSI, avant de développer les systèmes d’information, nous les avons découverts. Par les études et l’expérience, nous avons forgé nos outils pour enrichir le domaine et en faire notre spécialité. La science infuse n’existe pas à part chez les génies et les imposteurs. Et j’ai des doutes pour le premier groupe.  

Alors lorsqu’une nouvelle branche apparaît, ici l’intelligence artificielle (IA), il est normal de se poser des questions. Quels sont ses usages ? Comment fonctionne-t-elle ? Comment pouvons-nous l’intégrer aux domaines de nos utilisateurs ? Voici 3 questions qui me semblent essentielles à se poser avant de continuer. 

Les usages des IA, le service marketing des principaux acteurs en parle très bien. Répondre à vos questions quelque soit le domaine, créer et éditer textes, images, musiques et vidéo, ces usages basiques s’adressent à un large public et sont souvent mis en avant.

Dans un cadre professionnel, des agents IA promettent de répondre à vos emails et de rédiger les documentations et présentations. Dans le cadre du développement informatique, ils sont une aide précieuse en facilitant la conception et l’écriture des applications.

Autre utilisation introduite par la technologie, les RAG (Retrieval-Augmented Generation) permettent à partir des bases de connaissance de l’entreprise de créer des agents qui apporteront des réponses conformes aux domaines métier. 

La question du fonctionnement est plus complexe. Une réponse simple est d’acheter le service à l’un des géants du domaine. Meta, Anthropic, xAI, OpenAI, … ils ont tous les outils prêts à révolutionner notre environnement de travail. Et bien sûr, l’intégration est aisée puisque tout se passe sur leurs serveurs. 

Le besoin de souveraineté numérique n’autorise pas une telle solution. Le stockage et le calcul se doivent d’être maîtrisés. L’infrastructure matérielle et logicielle doivent être étudiées. S’il est facile de mettre en place une démonstration tournant localement, la mise à l’échelle pour la production demande un peu de recul.

Avec une technologie qui se réinvente rapidement, des modèles libres publiés quotidiennement, des benchmarks qui classent ces modèles, … le meilleur expert dans le domaine est l’IA elle-même. Sinon, les sources humaines sont nombreuses. J’ai de mon côté rédigé beaucoup d’articles.  

Usage existants et fonctionnement compris, en arrive alors la question de son intégration dans le Système d’Information. Prôner la technique du bigbang n’est pas une bonne solution. Interdire aux informaticiens de regarder ces outils en leur expliquant qu’ils pourront les utiliser lorsque tout sera prêt est une double erreur. 

Nous n’avons pas attendu l’accord de nos responsables pour nous intéresser à ces nouveaux outils. La curiosité est une qualité nécessaire au domaine informatique qui évolue en permanence. La veille sur les IA est un réflexe naturel et nous avons conscience de son efficacité dans la création de code.

Les gains de productivité sont évidents. Mais sans accord hiérarchique, nous ne l’utilisons pas dans le cadre professionnel. Cela reste une frustration. Attendre qu’un service interne ou un cabinet de conseil décide à notre place alors que nous pouvons déjà proposer des usages. Autant planter des clous avec un téléphone.

Et comment proposer de nouveaux usages à nos utilisateurs si nous même ne mettons pas en pratique l’apport de cette nouvelle technologie ? Les agents automatiseront les tâches répétitives. Les RAGs serviront à la formation des nouvelles recrues sans nécessiter l’encadrement permanent de seniors. Et tellement plus …

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J’ai conscience que quelques jaloux bavent sur mon compte. “Il ose critiquer la sainte DSI !” Les hypocrites maintiennent les décideurs dans l’ignorance et dans l’erreur. Les gens sincères décrivent la situation réelle et proposent des voies pour avancer. Nul progrès ne se réalise avec des coups de mentons.  

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