Le covoit pénible

Le covoit pénible

Tel un copilote, il se permet de donner des conseils en permanence. “Dans 300 mètres, prends la sortie.”, “Il y a du trafic, ce sera plus rapide par là.”. Ce serait bien si chacun de ses conseils ne se transformait pas en catastrophe. Ainsi, le trajet de 5 heures en dure 7. Incapable d’anticiper la moindre difficulté alors qu’il est censé être le meilleur.

Pourtant, à l’entendre parler, il est sûr de ses choix. Il faut dire qu’il a de l’expérience, et une communauté qui lui envoie en tant réel toutes les informations nécessaires. Alors, il enchaîne les sorties d’autoroutes soit disant pour gagner du temps. Mais, je vois bien que cela roule puisqu’on longe la voie à éviter.

Alors il me propose de faire des pauses. Dans des lieux sympathiques ? “Le Mac Do du coin sera très bien !”. Je commence à avoir des doutes sur ses compétences. Je dois faire le plein. Il me propose de sortir et de faire un détour de 15 minutes pour aller chez Carrefour. Mais il y a une station à côté au même prix. Je le sens intéressé dans l’affaire.

Alors, je le mets en doute sur ses itinéraires. Vexé comme un poux, il m’annonce que dans ces conditions mon arrivée serait retardée de 20 minutes par rapport à son trajet magique. Mais, il m’a fait le coup deux heures avant, et au lieu de bouchonner 30 minutes sur l’axe principal, on s’est retrouvé bloqué sur l’axe secondaire. 20 km de plus pour un gain négatif. 

Le bougre a donné le même conseil à tout autre conducteur qui lui fait confiance et le bouchon s’est déplacé. Pourquoi lui fais-je encore confiance ? Je devrais l’expulser de mon téléphone lui et ses précieux conseils. 2 heures de retard. D’ailleurs je devrais vous balancer son blaze mais vous le connaissez.

Je n’en ferai rien. Il m’a fait perdre 2 heures. J’aurais mieux fait de passer par le réseau secondaire. Je serai allé plus vite … sans péage. Mais quelle idée de prendre la voiture lors d’un chassé-croisé d’été. 900 km de bouchons sur toute la France. Même le meilleur des pisteurs n’aurait pas évité les blocages sur autoroutes.

Vous me direz qu’il aurait pu me conseiller un autre itinéraire dès le départ. Mais comme je ne lui avais pas demandé, il ne pouvait pas savoir. L’argument est faible mais j’ai choisi mon copilote. Acquis aux grandes marques, il me proposait ses services gratuitement. Comme dit P. Beja, “Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit”.  

Le comble est que je viens d’apprendre à la radio, qu’en plus d’être vendu au privé, il vient de se vendre à l’administration. Désormais, il ne propose plus forcément le trajet le plus rapide mais le moins polluant. Cette annonce sent le green washing à plein nez. Et on sait le talent de nos élus dans ce domaine. 

Bientôt, des messages seront ajoutés pour rappeler qu’il faut privilégier la marche ou le vélo. Les chemins les plus ‘courts’ seront proposés avant. Et tant pis s’ils passent par des routes étroites ou dangereuses, tant que les grammes de CO2 sont économisés. L’usure du véhicule importe guère. Mon covoitureur est un vendu. 

Je comprends mieux que la précaution de partir très tôt n’était pas suffisante. En période de vacances scolaires, il faut éviter les trajets les plus rapides. L’info-trafic ne prédit pas l’avenir. Un GPS ne devrait être utilisé que pour se situer. Pour le reste du trajet, faisons comme les pilotes d’avion et anticipons le trajet en prenant en compte de nombreux paramètres. 

La technologie ne doit pas remplacer l’intelligence. Ce n’est pas parce qu’on a des informations qu’on sait s’en servir. Et le GPS ? Il indiquera le chemin principal ou secondaire prévu à l’avance.

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