La première génération de téléphonie mobile était une révolution. Et comme toute version 1.0.0 d’un projet, l’accueil du public ne fut pas unanime. Certes, il devenait possible d’appeler depuis n’importe où, tant qu’une antenne était à proximité, mais la qualité du service n’était pas présente.
La deuxième génération, nommée GSM (Global System for Mobile communications) pour le grand public, se devait de corriger les défauts pour s’ouvrir au grand public. Et la révolution numérique était toute trouvée. Contrairement à un signal analogique, la version numérique assure un son restitué fidèlement, suivant la qualité choisie. L’encodage numérique assurait des conversations audibles et propres.
Le signal numérique était porté par une onde de fréquence 900 Mhz sur laquelle était superposé le signal numérique (‘0’ et ‘1’). Ce changement de paradigme apporte l’usage des services numériques. Et le premier d’entre eux est le multiplexage temporel. Derrière ce nom barbare se cache un mécanisme simple.
Voyez la fréquence porteuse comme un accès à l’autre. En mode analogique, une fréquence est nécessaire pour l’utilisateur. Dit autrement, il faut une antenne sur un immeuble pour qu’une personne puisse appeler quelqu’un. Le multiplexage temporel (TDMA en anglais pour Time Division Multiple Access), c’est partager la porteuse entre plusieurs utilisateurs.
Sur 100 ms, M. A parle 10 ms, Mme B. 10 ms, … Mme H 10ms. Les 8 téléphones portables se sont synchronisés avec l’antenne pour parler chacun durant laps de temps autorisé. La voix étant recomposée à l’arrivée, lors d’une conversation téléphonique, un décalage d’une demi-seconde n’est pas perceptible.
Le nombre d’antennes nécessaires pour couvrir une population est divisé par 8, en assurant une qualité de service bien meilleure. Et puisque les informations sont numérisées, la voix est une application. D’autres applications deviennent possibles. Et la première d’entre elles est le SMS.
Pour Short Message Service, l’idée est de transmettre des caractères. Beaucoup plus économes que la voix numérisée en terme de bande passante, le tarif restait élevé pour 140 caractères.
La 2G va apporter une autre nouveauté : la carte SIM (Subscriber Identity Module). Si avant, l’identité de l’abonné était gravée dans le téléphone, elle est désormais déportée dans un petit carré métallique qui permet de changer de téléphone (identifié par son IMEI) en gardant son numéro attribué par l’opérateur.
La sécurité du réseau est prise en compte. Il devient difficile de se faire passer pour son voisin pour ne pas payer les factures de téléphone. Plus de contrôle, plus de fiabilité, plus de qualité, la 2G n’a cependant pas anticipé l’arrivée d’Internet. Et le débit reste très limité. Des évolutions du protocole apparaîtront, mais sans le terminal compatible, on n’en profite pas.
Ainsi le GPRS, propose une distinction entre les trames de données suivant leurs natures (voix, messagerie, autres services numériques). Elle facilite ainsi l’apparition de services numériques autres et l’accès à Internet (la version mobile à bas débit). On parlait alors de 2.5G et les antennes devaient recevoir une mise à jour électronique.
La dernière évolution a été le EDGE, parfois nommé 2.75G. Afin d’augmenter le débit tout en restant sur la même porteuse, au multiplexage temporel a été ajouté une modulation par phase. en créneau accordé à un utilisateur portait 3 fois plus d’information. Suffisant pour envoyer ou charger ‘rapidement’ une photo bien compressée (nouveau service : le MMS), mais guère plus.
L’intégration de la téléphonie mobile dans les réseaux informatiques était prête. Nouveaux services (SMS, MMS, …), des communications toujours audibles, un accès moins cher puisque partagé, la 2G a permis la démocratisation de la téléphonie mobile. Mais ces limites techniques l’ont laissé à l’entrée du territoire d’Internet.
D’ici la fin de l’année, les opérateurs français vont arrêter ce réseau qui a accompagné ses utilisateurs pendant près de 35 ans. Remplacé depuis longtemps par les générations suivantes, il n’est pas rare de le retrouver dans un placard un vieux Nokia qui n’a connu que lui.
