Ready player one

Ready player one

Imaginez un monde où tous vos rêves deviennent réalité. Je ne vous propose pas de passer le weekend à Disneyland Paris, la fin de l’abondance ne le permet plus. Non, je vous parle de l’Oasis, un jeu créé par James Halliday et Ogden Morrow où la population s’enferme afin d’oublier son quotidien anxiogène.

On ne peut pas réellement parler d’un jeu mais d’un métavers dont la côté ludique et universel attire la foule. Économie réelle et virtuelle y sont mélangées ce qui attire les convoitises des sociétés privées. Après tout, si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit. Les consciences se perdent dans l’Oasis.

Pour parfaire le système, l’un des créateurs promet qu’à sa disparition, celui qui trouvera son œuf de Pâques deviendra le propriétaire de cet univers. Cette annonce rend le ‘jeu’ encore plus attractif que l’armoire des saisies du 36 quai des orfèvres pour un junkie. Un monde parallèle se développe autour de ces concepts. 

Pour parfaire l’environnement, il faut un antagoniste. Opposé au jeune Wade passionné par les jeux vidéo accessibles dans l’Oasis, la compagnie IOI qui assure l’accès au réseau des réseaux sur la planète (oubliez les tiers) espère un jour posséder le contenu universel et ainsi régner sur le monde. 

Le contexte se pose et se précise durant tout le film. Derrière les exploits de Parzival (Wade), un monde étranger se présente. Certes, la réalité virtuelle nous est connue, et les projets technologiques autant sur les réseaux que sur les équipements nous permettent d’envisager la technologie du film qui se déroule en 2045. 

Le côté immersif est intéressant. Avoir un casque et des gants, c’est pratique pour se projeter dans un environnement virtuel et reproduire ses actions. Mais pour les déplacements, un tapis glissant omnidirectionnel, tel le vénérable Omni de Virtuix, semble nécessaire au risque de se retrouver à courir dans la rue. 

J’ai plus de doutes sur la combinaison haptique. Si ressentir les mouvements de sa partenaire semble attrayant pour une simulation de bachata, j’ai plus de doutes pour les jeux de combats. Aller aux urgences après une partie de ‘Street Fighter’ n’est pas conseillé à l’époque où les urgences sont saturées.

Dans le monde réel, Wade, refusant de vendre ses talents à l’IOI se retrouve à devoir fuir devant la société privée qui n’hésite pas à éliminer tous ceux qui lui résistent. La police elle-même apparaît absente. Le gouvernement semble sous tutelle de grandes sociétés qui maintiennent l’économie.

Lorsque j’ai vu le film en 2018, j’étais surpris de la passivité de la population. Des gens meurent suite à une action terroriste. Aucun problème. Un type armé veut tuer un adolescent, les voisins sortent pour faire barrage mais le laissent passer. Tant qu’ils ont leur dose de simulation dans l’Oasis, tout va bien. 

En 2023, cette situation ne me surprend plus. Saturés par le business de l’indignation et satisfaits dans leurs besoins égocentrés, le monde réel devient annexe. Encore une fois, je reconnais la mise en scène brillante de Spielberg.

Ainsi, la chasse aux secrets dans le monde virtuel de l’Oasis fera évoluer le monde réel. Le film est basé sur un schéma actantiel du récit initiatique. Ce choix permet de s’investir dans un environnement bien plus riche qu’il n’y paraît. Bien sûr, il faudrait revoir plusieurs le film pour repérer tous les clins d’œil (ou regarder sur wikipedia).

Et si les puristes trouveront toujours à redire, pour moi ce film est excellent. Les choix de Spielberg sont intelligents et plaisent aux gens positifs.

Bonne année 2023 !!!

Les commentaires sont clos.